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Flying Taurus : Blog Chrétien

Vauban, le quartier de la Mémoire (Deuxième Partie) !

11 Février 2012 , Rédigé par Flying Taurus Publié dans #Récits de vie

 

6.jpgMais dans chaque histoire, il y a une autre histoire… et c’est maintenant celle-ci que je vais vous raconter. Puisque vous vous imaginez bien comment Mulhouse vivait en 1800, essayez de vous poser la question suivante : une ville qui grandit comme cela c’est bien joli, oui… seulement, où loger les gens et comment nourrir tout le monde ??? La réponse, vous allez le voir, ne manque pas de sel. D’ailleurs, moi qui vous raconte tout cela, j’en ai maintenant un petit pincement au cœur. En effet, je songe à mon arrière-arrière-grand-père qui a vécu de loin ces années de folle expansion Mulhousienne du haut de son Jura Souabe, au pied du Lemberg, derrière Fribourg-en-Brisgau et la Forêt Noire, tout près des sources du Danube.

Son père était maçon, son grand-père, berger, tout comme l'arrière-grand-père avant lui… Joseph, puisque c'était son nom, avait trois fils, dont l’un d’entre eux avait appris le métier d’horloger, l’autre redevenant maçon. Le dernier, mon arrière-grand-père, avait appris le métier de boulanger. Né dans les montagnes, en plein pendant la période d’expansion Mulhousienne, il recevait de loin l’écho de ce qui s’y tramait. Et il n’avait pas envie de rester là les bras croisés, à courrir après les moutons !


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A cette époque, de nombreuses personnes rêvaient de partir pour le Nouveau Monde. Ils prenaient la route jusqu’à Hambourg et ensuite, direction South Hampton puis la côte est, New York, ou que sais-je, dans un voyage long et éprouvant.

Mon Dieu, de cela, mon arrière grand-mère n’en voulait pas, pour tout l’or du monde. Alors, elle décida de convaincre son Viktor que, plutôt d’aller se forlonger sur la côte Est du pays des sauvages, il valait mieux tenter de faire fortune dans la nouvelle bourgade industrielle de Mülhausen.

 

 

Car, j’oubliais de vous le souligner, étant nés dans les années soixante (dix-HUIT-cent-soixante, hein), ils avaient grandi dans l’ambiance des conquêtes de la Guerre Franco-Prussienne de 1870. En effet, le roi de Prusse, Guillaume Ier, venait de s’annexer vingt-deux monarchies et trois républiques ainsi qu'une « terre d'Empire », l’Alsace-Lorraine, sous l'autorité d’un territoire qu’il avait ironiquement appelé « petite Allemagne ».

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Comme quoi, l’Histoire est drôle parfois, même aux pires moments ! D’autant que la suite est intéressante : l’annexion, loin de dépeupler la région, la rend immensément attractive pour les petits artisans et commerçants des royaumes de Bade et de Württemberg. 

VL_98_00_a.jpgC’est un peuplement massif qui déboule de la rive Est du Rhin. Où l’on voit donc que ce fleuve, loin de constituer une frontière, a toujours été un trait d’union entre deux territoires, et puisque notre bien-aimé président-main-sur-le-cœur Sarkozy prétend que c’est mieux de l’autre côté, qu’il se penche donc mieux sur ce qui reste de ce côté-ci avant d’émettre des jugements hâtifs, pompeux et déraisonnables.

Quand j’vous disais que l’Histoire ne manquait pas de sel… En plus, dans la famille, la spécialité, c’était le Bretzel ! Ce qui est logique, puisque la recette vient du pays Souabe, donc d’Allemagne du Sud, où le dialecte ancestral usait du terme » Bretzg « pour qualifier ce drôle de biscuit.

D’ailleurs, le même biscuit existe aussi de l’autre côté de la France, en pays breton, où il se dit « Catu ». Comme quoi, mes aïeux avaient de fortes chances d’être de braves celtes germaniques… Enfin, je dis ça, moi… mais c’est à vous de voir !

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